Valérie Pécresse se défend en assurant que le dispositif est « un échec », avec seulement 2 000 passes distribués au total dans la région.
Véritable atteinte aux droits des jeunes ou procès de mauvaise foi ? Les faits ont été relevés par Marianne dans un article, mercredi 13 avril : la majorité de droite à la tête de la région Ile-de-France a annoncé, lors de la séance plénière du conseil régional du 7 avril, la suppression du Pass’ contraception, un dispositif réservé aux jeunes de 15 et 16 ans. L’opposition a condamné une politique jugée conservatrice. « Trente ans après la mort de Simone de Beauvoir, Valérie Pécresse met fin au Pass’ contraception », a condamné la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, sur son compte Twitter. L’association Osez le féminisme ! a protesté dans un communiqué.

 

Le Planning familial est également très critique. « Les agissements de [la nouvelle présidente] Valérie Pécresse ne nous permettent pas de confirmer son féminisme », affirme Veronica Noseda, la coordinatrice nationale.

Selon Mme Pécresse, le Pass’ contraception est supprimé, car c’est « un échec ». Ce dispositif, lancé par Ségolène Royal en Poitou-Charentes, en 2010, se présente sous la forme d’un chéquier dont les coupons détachables doivent être remis aux professionnels de santé qui effectuent les actes médicaux et délivrent les contraceptifs de façon anonyme et gratuite.

La ligne budgétaire supprimée s’élève à 20 000 euros.

« Pour 500 lycées publics, ça fait 40 euros par lycée, soit 4 centimes par lycéen, a souligné Mme Pécresse le 7 avril. Ces 20 000 euros étaient inscrits au budget mais pas dépensésIl y a un double langage : celui qu’on tient dans les hémicycles et dans les médias (…), et il y a la réalité des discours et des actions. »

Seuls 2 000 passes ont été distribués au total dans la région. Les autres budgets de la région consacrés à la contraception ou à l’interruption volontaire de grossesse sont maintenus ou augmentés.

Taux de recours « excessivement faible »

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a effectué un bilan sévère à propos du passe, en avril 2015. Il est présent dans une dizaine de régions, sous des formes très variables. Le taux de recours des mineures y est « excessivement faible », selon l’IGAS. Dans quatre régions étudiées, le volume de passes distribués par rapport à la population éligible est inférieur à 4 %, et le taux d’utilisation du chéquier inférieur à 50 %.

Complexe à obtenir et à utiliser, il est censé s’adresser en particulier aux jeunes qui vivent en milieu rural, afin d’être complémentaire avec le Planning familial. Or, trop peu de médecins en zone rurale signent une convention avec la région et acceptent le passe. « Au lieu de le supprimer, il faudrait réfléchir aux moyens de mieux le faire fonctionner », observe Mme Noseda.

Le sujet reste pour l’heure circonscrit à l’Ile-de-France : le président (LR) de la région AuvergneRhône-Alpes, Laurent Wauquiez, dément les informations parues dans la presse et affirme qu’il n’est pas question de supprimer le passe dans sa région.

Crédits Photo:
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, à Paris, le 22 mars 2016. MIGUEL MEDINA / AFP

Article du 06.01.17 sur le site www.lemonde.fr par Gaëlle Dupont

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1 Commentaire sur "Polémique après la suppression du Pass’ contraception en Ile-de-France"

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10 mois 15 jours plus tôt

De pire en pire… On a fait un pas en avant pour reculer de 2 pas en arrière!

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