La consommation d’antibiotiques est en baisse depuis 2000, mais a augmenté entre 2010 et 2015. La faute notamment à la hausse des prescriptions de pénicillines, utilisées contre les maladies infectieuses des bronches, du nez, de la gorge ou des oreilles. L’effort des hôpitaux ne suffit pas à inverser la tendance.

786 tonnes. Tel est le volume d’antibiotiques dédiés à la santé humaine vendus en France, il y a deux ans. Une consommation en hausse de 5,4% depuis 2010, selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) publié cette semaine. Pourtant, entre 2000 et 2015, elle a diminué de 11,4%.

Pour expliquer une telle tendance, il faut s’intéresser à la consommation de ces produits en ville, c’est-à-dire ceux prescrits par les médecins. Elle représente aujourd’hui 93% de la consommation totale pour les traitements de ce type destinés à la santé humaine. Et notamment de pénicillines. Leur usage a crû de 30,6% entre 2005 et 2015. Le produit de ce type le plus prescrit, l’amoxicilline, représente 37,6 % de la consommation d’antibiotiques en ville. Il est utilisé contre la maladie de Lyme, les maladies infectieuses des poumons, des bronches, du nez, de la gorge ou des oreilles.

Du côté des hôpitaux, l’utilisation de ces produits s’est soit stabilisée ces cinq dernières années (c’est le cas des céphalosporines de 3ème  et 4ème  générations, recommandés contre les infections respiratoires, urinaires et génitales), ou a diminué pour la colistine injectable, détaille l’ANSM.

Les produits dédiés à la santé animale (514 tonnes en 2015) ont quant à eux largement baissé ces dix dernières années.  Et ce, en raison des réglementations. L’institution rappelle que « la législation européenne a interdit depuis 2006 l’utilisation des antibiotiques comme facteurs de croissance chez les animaux de rente ».

« Niveau élevé et très préoccupant »

L’ANSM s’alarme ainsi du « niveau élevé et très préoccupant » du recours à ces produits et rappelle qu’une « utilisation non maîtrisée des antibiotiques est responsable du développement des résistances bactériennes ». Dans un rapport publié l’année dernière avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, l’institution estimait que près de la moitié des prescriptions étaient inutiles. La France est classée 4e plus gros consommateur européen d’antibiotiques en ville et est régulièrement épinglée à ce sujet. « A l’hôpital, cependant, la consommation française se rapproche de la moyenne européenne », précise l’ANSM.

Il faut dire que la résistance des bactéries aux effets des antibiotiques est un problème majeur. Elle est à l’origine de 12.500 décès par an dans l’Hexagone. Marisol Touraine a  lancé en novembre 2016 un plan de 330 millions d’euros pour lutter contre la résistance des bactéries. La somme sera investie pour la recherche, pour le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques et le « renforcement de la coordination des financements publics et des projets ». Également, une partie de la somme financera aussi une campagne de sensibilisation du grand public.

Crédits Photo: L’amoxicilline représente 37,6 % de la consommation d’antibiotiques en ville (Crédits : Reuters)

Article du 12.01.17 sur le site www.latribune.fr par Jean-Yves Paillé

 

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2 Commentaires sur "Consommation d’antibiotiques : la France, toujours un mauvais élève"

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10 mois 9 jours plus tôt

Les antibiotiques, c’est pas automatique!

10 mois 9 jours plus tôt

🙂 mais tout ça c’est voulu… Augmenter le prix de certains médicaments pour ne laisser accès qu’à ce foutus anti-biotiques et créer d’autres maladies à cause de ça!

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